Les Enseignants

Le Sensei du dojo

Le voyage, le chemin, la voie

Le voyage commence vers la fin des années 70 à Tana, capitale de Madagascar. Avec mon père nous assistons à une belle démonstration d’aïkido, avant la phase finale d’un championnat de judo : pratiquants en jupes foncées, roulades, mouvements circulaires et gracieux : une danse ? Quel est donc cet art « martial » étrange, bizarre ? Le moment opportun, j’essaierais bien cette discipline par curiosité…Des dizaines d’années plus tard, j’apprends par hasard que cette démonstration était dirigée par Charles Rambeloson senseï, pionnier de cet art à Madagascar et…1er professeur (senseï) de l’un de mes enseignants, Francis Razafimanjato du dojo Samouraï (Paris 14e).Voici les grandes étapes de mon parcours en aïki-dô:

  • 1989 le 19 octobre, débuts en aïki-dô, le rêve prend forme (2 années après mes débuts en Judo) avec les senseis Claudie Bélus & Michel Chauveau, les racines, naissance d’une passion
  • 1997, début janvier, je rejoins définitivement le dojo Samouraï (Paris 14ème) dirigé par Francis Razafimanjato sensei, qui sera mon point d’ancrage, et décide d’arrêter le judo

Influences, compagnonnage en aïkido de 1997 à nos jours (en plus des cours au Samouraï)

  • participation à de nombreux stages en idf et en province dirigés par des Senseïs, élèves du virtuose et inimitable maître Tamura, dont Suga T. (celui qui m’a fait aimer la pratique des armes ‘bukiwaza’), plus récemment, B. Si Guesmi ;P. Cocconiet J-M Chamot
  • de 2003 à 2009 dojos d’été (juillet & août) : pratique au dojo Tenchi dirigé par Rémi Hourdequin, senseï du groupe Iwama(école du maître Saito)– style exigeant et puissant avec une logique/cohérence (RIAÏ/RI : la raison AÏ : l’unité) entre la pratique à mains nues (taïjutsu) et celle avec les armes
  • de 2009 à 2013 élève au dojo d’Anne Ducouret, senseï du groupe Birankaï (école du maître Chiba, formé par le fondateur de l’aïkido tout comme maître Tamura); école exigeante, dynamique, puissante mais souple, présence du RIAÏ. Je prends davantage conscience de l’importance de uke/aïte -le partenaire-adversaire, notre miroir- pour progresser en aïki-dô

A presque 30 années de pratique,je ne cesse de découvrir les richesses de la discipline que je n’ai toujours pas finies d’explorer. Je tiens à témoigner ma gratitude envers tous mes partenaires d’entraînements, tous mes professeurs,sans oublier Ali Amrani, senseï qui m’a encouragé et aidé à passer mon diplôme de professeur d’aïkido en 2010 (le BEES 1).

Avec l’aide des Anciens (Senpai), mon souhait est de proposer un Travail technique, simple et sobre (bouger sans gesticuler), qui permettra à chacun de vivre l’expérience aïki à travers le corps. Les gestes les plus anodins de la préparation (échauffement) pourront être mis en relief dans l’étude des techniques. Un soin particulier sera apporté à la relation entre la pratique avec et sans armes (respiration,dé-placements, distances).En premier lieu, ces dernières peuvent être envisagées comme des outils, instruments qui serviront à construire l’aïkido de chacun. Au final, mon objectif est de montrer le(s) lien(s) qui uni(ssen)t les techniques, en apparence différentes, entre elles, aller vers une pratique globale de l’Art : tendre vers l’Unité malgré la multiplicité des formes.

« Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas » (Lao-Tseu)

aiki (7)

Valéry Rija Rakotoambinina
Professeur principal au dojo Samouraï Paris 14e
Membre de la commission technique FFAB Idf BE 1
4e dan d’aïki-dô

Le Senpai du dojo

J’ai découvert l’aïkido par hasard. Le père d’un camarade de classe avait ouvert un club dans les années 1980 et une connaissance pratiquait avec lui. Je les ai vus à une démonstration en 1988. Ils étaient de la vieille école, un peu rude, issue de la pratique des plus anciens. Les connaitre m’a incité à m’inscrire au club.

Je ne suis venu à l’aïkido que pour des mauvaises raisons. J’étais alors en terminale et songeais à entrer en classe préparatoire, milieu rude de compétition scolaire, voire violent. Je voulais apprendre des techniques de défense.J’étais très loin du sens de l’aïkido et ne me doutais pas que la voie vers l’efficacité est très longue.

J’ai commencé à Marboz (Ain), en septembre 1988, sous la direction de J-P. Darnand (1er dan à l’époque), qui avait appris avec M. Gillet (aujourd’hui Président de la FFAB). Venu étudier à Paris, j’ai pratiqué un an dans le dojo de A. Si Guesmi.La vie étudiante étant ce qu’elle est, puis le service militaire, j’ai délaissé les tatamis pendant 3 ans.

En septembre 1996, j’ai repris l’aïkido en arrivant au Samouraï Club sous la direction de Francis Raza. Bien que je fusse 3e kyu à l’époque, Francis a considéré mon interruption de 3 ans et mon absence de la maitrise des armes et m’a fait repartir du 6e kyu – aujourd’hui, ça ne se passe plus comme ça ! – mais m’a fait regrimper l’échelle plus vite que les autres.

En 2000, le travail m’a fait retourner en province, à Marboz, où j’ai pu obtenir les 1er et 2e dan grâce aux nombreux techniciens lyonnais (D.Allouis-Shihan, M. Gillet-Shihan, R.Duffours Sensei, etc…), tous élèves de Tamura-Sensei.
Revenu à Paris au Samouraï Club, Francis m’a préparé efficacement au 3e dan, grâce notamment à Valéry qui l’était déjà.

Après plus de 25 ans de pratique et en tant que senpai (« ancien »), ma pratique vise à guider les plus gradés dans la recherche des détails pour les faire évoluer. J’attache aussi une grande importance à la pratique des plus jeunes dans leur rôle de uke/ aïte – attaquant/partenaire et à la protection de leur intégrité physique.

Jean-Pierre BAGNON
Senpai au dojo Samouraï Club Paris 14
3e dan d’aïkido